Sonetos(13):Soga

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SOGA
Unos metros de soga, la distancia
entre la yerba exuberante, pura,
y la marchita paz de la ignorancia.
La inaccesible evasión, la cisura
donde brota la terne intemperancia,
ahínco inviable: ¿el yugo? ¿la tortura?
Lidiará con febril concomitancia
el postrimero empuje de bravura.
El íncubo avizora: la delicia
comparte su leyenda con la muerte.
El disfrute de un rayo, la franquicia
hurtada a los azotes de su suerte,
regalará a su cuerpo la caricia.
Morir es tregua. Fue vivir lo inerte.
Inspirado en:
A.Daudet, “La chèvre de Monsieur Seguin”, in Lettres de mon Moulin (1840-1897).
M. Séguin n’avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres.
Il les perdait toutes de la même façon: un beau matin, elles cassaient leur corde, s’en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C’était, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.
Le brave M. Séguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné. Il disait:
- C’est fini; les chèvres s’ennuient chez moi, je n’en garderai pas une.
Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième ; seulement, cette fois, il eut soin de la prendre toute jeune, pour qu’elle s’habituat à demeurer chez lui.
(…)
Ah! Qu’elle était,jolie la petite chèvre de M. Séguin! (…) avec ses yeux doux, (…) ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs (…) et puis, docile, caressante(…) Un amour de petite chèvre…
M. Séguin avait derrière sa maison un clos entouré d’aubépines. C’est là qu’il mit la nouvelle pensionnaire.
Il l’attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l’herbe de si bon coeur que M. Séguin était ravi.
- Enfin, pensait le pauvre homme, en voilà une qui ne s’ennuiera pas chez moi!
M. Séguin se trompait, sa chèvre s’ennuya.
Un jour, elle se dit en regardant la montagne :
- Comme on doit être bien là-haut! Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou!… C’est bon pour l’âne ou pour le boeuf de brouter dans un clos!… Les chèvres, il leur faut du large…
À partir de ce moment, l’herbe du clos lui parut fade.
L’ennui lui vint. Elle maigrit, son lait se fit rare. C’était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne, la narine ouverte (…)
M. Séguin s’apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c’était… Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois:
- Écoutez, monsieur Séguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.
- Ah! mon Dieu!… Elle aussi! cria M. Séguin stupéfait, (…) puis, s’asseyant dans l’herbe à côté de sa chèvre :
- Comment, Blanquette, tu veux me quitter!
Et Blanquette répondit :
- Oui, monsieur Séguin.
- Est-ce que l’herbe te manque ici?
- Oh! non! monsieur Séguin.
- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j’allonge la corde?
- Ce n’est pas la peine, monsieur Séguin.
- Alors, qu’est-ce qu’il te faut? qu’est-ce que tu veux ?
- Je veux aller dans la montagne, monsieur Séguin.
- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu’il y a le loup dans la montagne… Que feras-tu quand il viendra ?…
- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Séguin.
- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m’a mangé des biques autrement encornées que toi… Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l’an dernier? (…) Elle s’est battue avec le loup toute la nuit… puis, le matin, le loup l’a mangée.
- (…) Ça ne fait rien, monsieur Séguin, laissez-moi aller dans la montagne.
- Bonté divine !… dit M. Séguin; mais qu’est-ce qu’on leur fait donc à mes chèvres? Encore une que le loup va me manger… Eh bien, non… je te sauverai malgré toi (…) et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t’enfermer dans l’étable et tu y resteras toujours.
Là-dessus, M. Séguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour.
Malheureusement, il avait oublié la fenêtre et à peine eut tourné, que la petite s’en alla…
(…) Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n’avaient rien vu d’aussi joli. (…) Toute la montagne lui fit fête.
(…) Plus de corde, plus de pieu… rien qui l’empêchât de gambader, de brouter à sa guise… C’est là qu’il y en avait de l’herbe!(…) Et quelle herbe! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes… C’était bien autre chose que le gazon du clos.
(…) La chèvre blanche, à moitié soûle, se vautrait là-dedans les jambes en l’air (…)
(…) elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Séguin avec le clos derrière. (…)
- Que c’est petit! dit-elle; comment ai-je pu tenir là dedans ?
Pauvrette! de se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde…
En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Séguin.
(…)
Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c’était le soir.
- Déjà! dit la petite chèvre; et elle s’arrêta fort étonnée.
En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Séguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle (…) se sentit l’âme toute triste… (…)
Elle tressaillit…
Puis ce fut un hurlement dans la montagne (…)
Elle pensa au loup; de tout le jour la folle n’y avait pas pensé… Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C’était ce bon M. Séguin qui tentait un dernier effort.
(…)
Blanquette eut envie de revenir; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu’il valait mieux rester.
La trompe ne sonnait plus…
La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles.
Elle se retourna et vit dans l’ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient…
C’était le loup.
Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu’il la mangerait, le loup ne se pressait pas;
(…)
Blanquette se sentit perdue… Un moment, en se rappelant l’histoire de la vieille Renaude, qui s’était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu’il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite; puis, s’étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre (…) qu’elle était… Non pas qu’elle eût l’espoir de tuer le loup, les chèvres ne tuent pas le loup, - mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude…
Alors le monstre s’avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
Ah! la brave chevrette, comme elle y allait de bon coeur! Plus de dix fois (…) elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d’une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine…
Cela dura toute la nuit.
(…)elle se disait :
- Oh! pourvu que je tienne jusqu’à l’aube…
L’une après l’autre, les étoiles s’éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents…
Une lueur pâle parut dans l’horizon… (…)
- Enfin! dit la pauvre bête, qui n’attendait plus que le jour pour mourir; et elle s’allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang…
Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.
TRADUCCIÓN
El Sr. Seguín nunca había tenido alegrías con sus cabras.
Las perdía todas del mismo modo: una buena mañana, rompían su cuerda, se iban a la montaña, y allá arriba el lobo se las comía. Ni las caricias de su dueño, ni el miedo al lobo, nada las retenía. Eran, al parecer, cabras independientes, que buscaban a toda costa el aire abierto y la libertad.
El bueno del Sr. Seguín, que no entendía nada del carácter de sus animales, estaba consternado. Se decía:
- Se acabó; las cabras se aburren en mi casa, no me quedará ni una.
Sin embargo, no se desanimó, y, después de haber perdido seis cabras de la misma manera, compró una séptima; aunque esta vez, tomó la precaución de cogerla jovencita, para acostumbrarla a que se quedara en su casa.
(…)
El Sr. Seguín tenía detrás de su casa un cercado rodeado de espinos blancos. Ahí es dónde puso a la nueva inquilina. La ató a una estaca, en el lugar más bello del prado, cuidando de dejarle mucha cuerda, y de vez en cuando, venía para ver si estaba bien. La cabra se encontraba muy feliz y pacía la hierba de tan buen grado que el Sr. Seguín estaba encantado.
- Por fin, pensaba el pobre hombre, he aquí una que no se aburrirá en mi casa!
El Sr. Seguín se equivocaba, su cabra se aburrió.
Un día, la cabrita se dijo mirando la montaña:
- ¡Qué bien se debe de estar arriba! Qué placer de brincar en el brezo, sin esta maldita cuerda que le desgarra a una el cuello!… ¡ Está bien para el asno o para el buey lo de pacer en un cercado!… A las cabras, les hace falta espacio.
Desde ese momento, la hierba del cercado le pareció insípida. Le vino el aburrimiento. Adelgazó, su leche se hizo escasa. Daba lástima verla tirar cada día de su correa, la con la cabeza girada hacia el monte, con el hocico abierto, haciendo ¡Meee! tristemente.
El Sr. Seguín se daba cuenta de que a su cabra le pasaba algo, pero no sabía lo que era… Una mañana, terminando de ordeñarla, la cabra se volvió y le dijo en su jerga:
- Escuche, señor Seguín, languidezco en su casa, déjeme ir a la montaña.
- ¡Oh! ¡Dios mío!… ¡Tú también! gritó el Sr. Seguín estupefacto y de pronto dejó caer su escudilla; entonces, sentándose en la hierba al lado de su cabra, le dijo:
- Cómo, Blanquette, quieres dejarme!
Y Blanquette respondió:
- Sí, señor Seguín.
- ¿Acaso te falta la hierba aquí?
- ¡Oh, no! señor Seguín.
- A lo mejor estás atada demasiado corta. ¿Quieres que te alargue la cuerda?
- No es necesario, señor Seguín.
- ¿Entonces, qué te hace falta? ¿Qué es lo que quieres?
- Quiero ir a la montaña, señor Seguín.
- Pero, pobrecita, ¿no sabes que está el lobo en la montaña? ¿Qué harás cuando venga?…
- Le daré cornadas, señor Seguín.
- Al lobo le traen sin cuidado tus cuernos. Me comió cabras con cuernos más grandes que los tuyos. Ya sabes, la pobre vieja Renaude que estaba aquí el año pasado, una señora cabra, fuerte y mala como un macho cabrío. Se peleó con el lobo toda la noche… y, por la mañana, el lobo se la comió.
- Vaya, ¡pobre Renaude!… No importa, señor Seguín, déjeme ir a la montaña.
- ¡Santo Dios! dijo el Sr. Seguín; ¿pero qué les hacen a mis cabras? Otra más que el lobo se me va a comer… Pues no… ¡Te salvaré a tu pesar, bribona! Y por miedo a que rompas tu cuerda, voy a encerrarte en el establo y te quedarás allí siempre.
Con estas palabras, el Sr. Seguín llevó la cabra a un establo totalmente negro, y cerró la puerta con dos vueltas.
Desgraciadamente, había olvidado cerrar la ventana y en cuanto se giró, la pequeña se fue…
(…)
No más cuerda, no más estaca… nada que le impidiera brincar, pacer a su gusto… Ahí sí que había hierba! ¡Hasta por encima de los cuernos, ¡y qué hierba! Sabrosa, fina, dentellada, hecha de mil plantas… Era algo bien distinto al césped del cercado. ¡Y las flores!… Grandes campánulas azules, digitales de púrpura con largos cálices, todo un bosque de flores salvajes que rebosaban de jugos embriagadores!
La cabra blanca, medio ebria, se revolcaba dentro patas arriba y rodaba a lo largo de los taludes, mezclándose con las hojas caídas y las castañas… Luego, de repente se erguía de un brinco sobre sus patas. (…) Parecía que había diez cabras de Sr. Seguín en la montaña.Y es que no le temía a nada, Blanquette. Atravesaba de un salto grandes torrentes que la salpicaban al pasar con polvo húmedo y espuma. Después, chorreando entera, iba tumbarse sobre alguna roca lisa y se dejaba secar por el sol… Una vez, adelantándose hasta el borde de una meseta, con una flor de cítiso entre los dientes, percibió abajo, muy abajo en la llanura, la casa de Sr. Seguín con el cercado detrás. Esa visión la hizo llorar de risa.
- ¡Qué pequeño es! dijo; ¿cómo pude caber allí dentro?
¡Pobrecilla! Al verse tan alta, se creía por lo menos tan grande como el mundo…
En suma, fue un buen día para la cabra del Sr. Seguín.
(…)
De repente el viento se enfrió. La montaña se tornó violeta; era la noche.
- ¡Ya! Dijo la pequeña cabra, y se paró muy asombrada.
Abajo, los campos estaban inundados de bruma. El cercado del Sr. Seguín desaparecía entre la niebla, y de la casita ya no se veía más que el tejado con un poco de humo. Escuchó los cascabeles de un rebaño que volvía, y se sintió toda triste en el alma… Un gavilán, que volvía, la rozó con sus alas al pasar. Se estremeció…
Luego hubo un aullido en la montaña:
- ¡Hou! ¡Hou!
Pensó en el lobo; en todo el día la loca no había pensado en él. Al mismo tiempo, una trompa sonó muy lejos en el valle. Era el bueno del Sr. Seguin que intentaba un último esfuerzo.
- ¡Hou! Hou!… hacía el lobo.
- ¡Vuelve! ¡Vuelve!… gritaba la trompa.
Blanquette tuvo ganas de volver; pero recordando la estaca, la cuerda, el seto del cercado, pensó que ya no podría hacerse a esa vida, y que más valía quedarse.
La trompa ya no sonaba…
La cabra oyó detrás de ella un ruido de hojas.
Se volvió y vio en la sombra dos orejas cortas, totalmente rectas, con dos ojos que relucían… Era el lobo. Enorme, inmóvil, sentado en su tren trasero, estaba ahí mirando a la pequeña cabra blanca saboreándola de antemano. Como sabía bien que se la comería, el lobo no se apresuraba; únicamente, cuando se dio la vuelta, se echó a reír con maldad.
- ¡Ha! ¡Ha! ¡La pequeña cabra de Sr. Seguín! y pasó su gruesa lengua roja sobre sus morros de yesca.
Blanquette se sintió perdida… Por un momento, recordando la historia de la vieja Renaude, que se había peleado toda la noche para acabar comida por la mañana, se dijo que más valdría dejarse comer en seguida; luego, cambiando de opinión, se puso en guardia, la cabeza baja y el cuerno adelante, como la brava cabra del Sr. Seguín que era… No es que tuviera la esperanza de matar al lobo, las cabras no matan al lobo,- sino tan solo para ver si podía aguantar tanto tiempo como Renaude…
Luego el monstruo avanzó, y los cuernecito entraron en danza.
¡Ah! ¡La valiente cabra, como iba de buena gana! Más de diez veces, no miento, forzó al lobo a retroceder para retomar aliento. Durante estas treguas de un minuto, la golosa recogía aprisa aún alguna brizna de su querida hierba; luego regresaba al combate, con la boca llena… Esto duró toda la noche. De vez en cuando la cabra del Sr. Seguín miraba las estrellas bailar en el cielo claro y se decía:
- ¡Oh! mientras resista hasta el alba…
Una tras otra, las estrellas se apagaron. Blanquette redobló sus cornadas, el lobo sus mordiscos…
Una luz pálida apareció en el horizonte… El canto del gallo ronco subió de una granja.
- ¡Por fin! dijo el pobre animal, que tan solo esperaba al día para morir; y se tumbó en el suelo en su bella piel blanca toda manchada de sangre…
Entonces el lobo se lanzó sobre la pequeña cabra y la comió.
